Les émanations féminines du Bouddha médecin

Terry Clifford

Terry Clifford présente La Mère d’Ambroisie et les déités féminines de guérison que, dans certaines méditations, on visualise émanées du cœur du Bouddha médecin. Elles ont le pouvoir de transformer les démons qui causent les maladies en la nature de bouddha.

Parmi les divinités de médecine, la manifestation féminine de l’aspect guérisseur de la nature de Bouddha revêt de nombreuses formes. Outre Tara, il y a la divinité Parnashabari, particulièrement connue comme la « Patronne des Malades « , destructrice de toutes les maladies, épidémies et tous les esprits indésirables. Elle-même compte huit formes, et dans la plupart elle est vêtue de feuilles médicinales. D’autres divinités bouddhiques associées à la guérison sont Janguli, Mahachina et Ekajati.

Il y a huit déesses spécifiques de médecine, dont Dutsi-ma (tib. bDud-rTsi-ma), littéralement la Mère d’Ambroisie.

Dans l’histoire légendaire tibétaine, une incarnation humaine de Dutsi-ma fut la fille d’un aubergiste indien nommée Yitogma (tib. Yid-phrog-ma), d’une beauté et d’une puissance extraordinaires, à qui l’on attribua d’avoir planté les arbres médicinaux et plantes officinales à Bodh Gaya et aux alentours, c’est-à-dire sur les lieux de l’aspect manifeste extérieur du mandala de médecine. Elle fut la compagne de siddhas, de Bodhisattvas et de rois, et ses enfants servirent la médecine. On dit que le plus célèbre saint-médecin du Tibet, Yuthog le Médecin aux Turquoises, était d’un côté son descendant et de l’autre celui du clan Shakya du Bouddha.

La forme archaïque de Dutsi-ma sous son aspect terrible est Dorje Pagmo (tib. rDo-rJe phag-mo), Vajravarahi, la « Mère Adamantine à la Tête de Laie » ; c’est la parèdre de Tamdrin (rTamCrin nag-po} le « Noir à la Tête de Cheval « , son aspect pour chasser les esprits malfaisants qui causent des maladies. De couleur gris fumée, entouré de flammes, il tient des armes tantriques servant à subjuguer les forces négatives. Tamdrin et Dorje Pagmo sont représentés en étreinte sexuelle, symbolisant l’union de la sagesse et des moyens habiles et, par le pouvoir de leur mantra, du métal fondu brûlant coule dans la poitrine de leurs ennemis, subjuguant les démons de la maladie et les transformant en la nature-de-Bouddha.

Extrait du livre La médecine tibétaine bouddhique et sa psychiatrie, Dervy, 1997

Exergue : Tamdrin et Dorje Pagmo sont représentés en étreinte sexuelle et, par le pouvoir de leur mantra, du métal fondu brûlant coule dans la poitrine de leurs ennemis, subjuguant les démons de la maladie et les transformant en la nature de Bouddha.

 

<<Retour à la revue